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Cameroun: Marie Mélanie Bell - "Il faut leur ouvrir les portes de l'école ordinaire"
 
Cameroun Tribune (Yaoundé)

INTERVIEW
13 Septembre 2007
Publié sur le web le 13 Septembre 2007 - S.T.

Directrice du centre Orchidée Home de Bonamoussadi, Marie Mélanie Bell est l'une des figures du combat pour l'enfance handicapée mentale à Douala.

Comment le handicap mental chez l'enfant est-il perçu et traité dans notre pays ?

Il ne faut pas se voiler la face, le handicap mental chez l'enfant dans notre société est perçu comme un mauvais sort jeté à la famille ou à l'enfant. L'on en est là parce que généralement les professionnels de la santé sont incapables de poser un diagnostic clair sur la maladie de l'enfant. La famille vit dans une sorte d'ignorance qui cède la place à la peur et parfois à la honte. A ce jour, les quelques institutions qui essaient d'apporter un début de  solution dans la prise en charge de ce handicap sont privées.

Pourquoi les synergies privées ont-elles été les premières à encadrer le handicap mental chez l'enfant ?

Je pense que c'est tout simplement parce qu'un enfant déficient intellectuel est d'abord un enfant comme tous les autres, et les parents croient toujours, et à juste titre, qu'il est possible de vaincre l'impossible. Je veux dire que tout n'est jamais perdu, à tout stade du handicap, un changement est toujours possible. C'est pour cette raison que toutes les institutions dans notre ville, à Douala, sont des initiatives de parents d'enfants d'abord, souvent regroupés en association.

Comment fonctionnent ces synergies privées ?

Les parents regroupés en association investissent souvent leurs moyens personnels, pour mettre en place des structures de prise en charge avec l'autorisation du ministère des Affaires sociales. Parfois, les donateurs privés, des clubs service (Lions, Rotary) s'impliquent et s'engagent financièrement auprès de ces associations pour rendre ces projets viables.

Qu'attendez-vous de l'Etat dans la dynamique lancée par le mouvement associatif ?

Nous disons que l'enfant déficient intellectuel bénéficie des droits reconnus à toute personne humaine. Ces enfants possèdent quelques atouts pour s'éduquer, s'instruire, et s'intégrer dans la société. L'Etat doit leur offrir des structures spécialisées de prise en charge, leur ouvrir les portes de l'école ordinaire, à travers la création des CLIS (classes spéciales d'intégration). La prise de conscience des pouvoirs publics et de l'opinion des souffrances et difficultés qu'ils subissent, des obstacles qui les paralysent et les sur handicapent, est leur unique chance de développement.

Source : fr.allafrica.com


 
 
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