Il ne faut pas se voiler la
face, le handicap mental chez l'enfant dans notre
société est perçu comme un mauvais sort jeté à la
famille ou à l'enfant. L'on en est là parce que généralement les professionnels de
la santé sont incapables de poser un diagnostic clair
sur la maladie de l'enfant. La famille
vit dans une sorte d'ignorance qui cède la place à la
peur et parfois à la honte. A ce jour, les quelques
institutions qui essaient d'apporter un début de
solution dans la prise en charge de ce handicap sont
privées.
Pourquoi les synergies privées ont-elles été les
premières à encadrer
le handicap mental chez l'enfant ?
Je pense que c'est tout
simplement parce qu'un enfant déficient intellectuel
est d'abord un enfant comme tous les autres, et les
parents croient toujours, et à juste titre, qu'il est
possible de vaincre l'impossible. Je veux dire que tout
n'est jamais perdu, à tout stade du handicap, un
changement est toujours possible. C'est pour cette
raison que toutes les institutions dans notre ville, à
Douala, sont des initiatives de parents d'enfants
d'abord, souvent regroupés
en association.
Comment
fonctionnent ces synergies privées ?
Les parents regroupés en
association investissent souvent leurs moyens
personnels, pour mettre en place des structures de
prise en charge avec l'autorisation du ministère des
Affaires sociales. Parfois, les donateurs privés,
des clubs service (Lions, Rotary) s'impliquent et
s'engagent financièrement auprès de ces associations
pour rendre ces projets viables.
Qu'attendez-vous
de l'Etat dans la dynamique lancée par le mouvement
associatif ?
Nous disons que
l'enfant déficient intellectuel bénéficie des droits
reconnus à toute personne humaine. Ces enfants
possèdent quelques atouts pour s'éduquer,
s'instruire, et s'intégrer dans la société. L'Etat
doit leur offrir des structures spécialisées de
prise en charge, leur ouvrir les portes de l'école
ordinaire, à travers la création des CLIS (classes
spéciales d'intégration). La prise de conscience des
pouvoirs publics et de l'opinion des souffrances et
difficultés qu'ils subissent, des obstacles qui les
paralysent et les sur handicapent, est leur unique
chance de développement.