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Un vélo destiné aux personnes handicapées.

Jimmy Bellemare, technicien en informatique, et Mario Trépanier, coordonateur aux activités chez Handicaps Soleil, démontrent le fonctionnement du vélo adapté.
Photo: Stéphane Lessard - Etienne MorissetteLe Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'organisme Handicaps Soleil de Shawinigan offre un nouveau service gratuit de vélo adapté à la population. Le vélo, qui était jusqu'à maintenant prêté uniquement aux membres, sera désormais accessible à toute personne ayant un handicap.
«On vise principalement les touristes handicapés qui viennent ici à Shawinigan et qui veulent faire du plein air et profiter de la piste cyclable, explique Mario Trépanier, coordonateur des activités à Handicaps Soleil. On veut aussi ouvrir le service aux autres personnes des alentours puisqu'on a environ 180 membres alors qu'il y a près de 4000 personnes handicapées dans la région de Shawinigan.»
Le vélo, qui est de conception québécoise, permet à une personne en fauteuil roulant de prendre place dans la section avant alors qu'un accompagnateur de son choix manie le vélo derrière elle. Un système électrique permet d'aider le conducteur à pédaler plus facilement ou même de ne pas pédaler du tout.
«À part Victoriaville, je crois que nous sommes la seule ville à offrir ce service-là, fait valoir M. Trépanier.
«La Ville de Shawinigan fait déjà beaucoup avec une politique pour personnes handicapées alors si on peut contribuer et faire en sorte que les gens viennent nous voir, c'est encore mieux.»
Handicaps Soleil désire avant tout augmenter l'accessibilité du vélo. Elle évaluera donc les requêtes au cas par cas afin de déterminer combien de temps les usagers pourront l'emprunter.
Il serait possible de l'utiliser pour une période de quelques jours, voire quelques semaines, en fonction de la demande.
Le vélo sera disponible tout l'été du lundi au vendredi entre 9 h 30 et 16 h 30 aux bureaux de Handicaps Soleil sur la promenade Saint-Maurice. Les soirs et fins de semaine, il faut réserver en contactant l'organisme.
Handicaps Soleil organise des loisirs pour les personnes handicapées et s'occupe de la défense de leurs droits à Shawinigan et dans les municipalités avoisinantes.
 

source :http://www.cyberpresse.ca

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Deng Pufang, l’homme qui a mis son handicap
au service des handicapés chinois

Fils du dirigeant Deng Xiaoping et victime d’une agression,
il a fait progresser les textes de lois dans son pays.

Deng Pufang devait être l’une des stars des Jeux paralympiques de Pékin. Depuis quelques semaines, sa santé commence pourtant à inquiéter son entourage. «Vous ne pouvez pas le rencontrer car il n’est pas en grande forme en ce moment, il a besoin de repos.» Pour un peu, Deng Pufang pourrait devenir le Liu Xiang de ces Jeux paralympiques. Le coureur de 110 mètres haies avait fait rêver les Chinois d’une consécration suprême dans le sport roi, l’athlétisme ; Deng Pufang, lui, a fait rêver les handicapés chinois, et notamment ceux qui participeront aux Jeux paralympiques. Agé de 64 ans, le premier fils de l’ancien dirigeant Deng personnifie en effet depuis le début des années 80 la lutte pour la reconnaissance des droits des handicapés.

Torturé. L’origine de ce dévouement de toute une vie tient à un dérapage d’un jour de mai 1968. Loin des pavés parisiens mais en pleine révolution culturelle, le jeune Pufang étudie alors la physique nucléaire dans une université de Pékin devenue le terrain de combat entre les groupuscules de gardes rouges. Fils d’un capitaliste notoire, il est enfermé dans son laboratoire par l’une de ces factions, où il est pris en otage ou torturé, selon les versions. Il est ensuite retrouvé gisant au pied de l’immeuble, huit mètres plus bas. Officiellement, il serait tombé par la fenêtre en tentant de sortir d’une pièce radioactive où il aurait été enfermé par un garde rouge. La plupart des témoignages assurent qu’il a été poussé par ses oppresseurs ou qu’il s’est jeté dans le vide pour leur échapper. Quoi qu’il en soit, ses assaillants l’emmènent à l’hôpital. Sa généalogie le rattrape : apprenant que son père est «le deuxième plus grand partisan du retour au capitalisme», l’administration refuse de le traiter. Transféré vers un autre établissement, il n’est pas envoyé aux urgences alors que, colonne vertébrale endommagée, il souffre pendant plusieurs jours sur son lit. Il devient paraplégique.

Le brillant élève, premier fils d’un haut dirigeant et donc potentiellement promis à un grand avenir, est relégué sur une chaise roulante. Dans un pays où le handicap est encore interprété comme un signe de malédiction céleste, il est désormais considéré comme un moins que rien. Il ne sombre pourtant pas. Comme il l’expliquait à Libération en 1985, «la génération de la révolution culturelle n’est en rien une génération perdue, comme il est souvent dit. Bien au contraire. Tous ceux qui sont passés par ce test en sont ressortis renforcés. Selon moi, cette génération représente une carte maîtresse pour la Chine.»

Influer. S’il entre à la commission militaire centrale en 1975, il quitte son poste en 1984 pour monter en mars de la même année le Fonds chinois de prévoyance sociale pour les handicapés. Même pour le fils d’un Deng Xiaoping devenu maître du pays en 1978, la tâche est lourde. Mais son empressement, chaque jour réaffirmé, et l’assise toujours plus forte du pouvoir de son père lui permettent d’influer sur la politique nationale. Il suscite le lancement de la première enquête nationale sur les handicapés en 1987, crée et préside l’an suivant la Fédération chinoise des handicapés et pousse à l’adoption en 1991 de la première loi relative à la protection et à la promotion des droits fondamentaux des handicapés. La maladie mentale est dès lors reconnue comme un handicap et les invalides accèdent enfin à la santé, à l’éducation et au marché du travail. Le Fonds chinois crée en 1984 vient aujourd’hui en aide à plus de 15 millions de handicapés.

Le prix des droits de l’Homme que lui attribuent les Nations Unies en 2003 renforce sa légitimité nationale, qui se confirmera par la prise de postes politiques de plus en plus prestigieux. Sa nomination à la présidence exécutive du comité d’organisation des Jeux olympiques de Pékin la même année vise à appuyer l’importance de son entreprise.

Honte de la nation, les handicapés restent maintenus hors de la vue du peuple et des étrangers - un dirigeant avait déclaré pendant les années 90 qu’il n’existait pas de handicapés en Chine - mais les mentalités ont évolué. Voir des handicapés une médaille d’or autour du cou pourrait bien être le meilleur moyen d’appuyer cette tendance.

Source : http://www.liberation.fr

 
 
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