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En Californie, être pauvre, ou handicapé, ça n'a pas la côte

Arnold Schwarzenegger, «Governator» sans pitié
Californie. Pour éviter la faillite, l’Etat tranche dans l’aide aux plus démunis.

Le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger en octobre 2008. (Mario Anzuoni / Reuters)

Les riches Californiens peuvent dormir tranquilles, ce sont les plus modestes qui paieront la note salée de la fête des subprimes. Car pour annuler le déficit de 60 milliards de dollars (42 milliards d’euros) précipité par la récession, les élus du Golden State ont décidé de priver les enfants, les personnes âgées, les handicapés, etc., d’aides sociales vitales.

Côté recettes, le texte signé mardi par le gouverneur Arnold Schwarzenegger ne contient pas la moindre hausse d’impôts. Au contraire, alors qu’une taxe à l’industrie pétrolière, qui aurait rapporté un milliard, n’est pas passé au Parlement, «Governator» a annoncé au dernier moment, usant de son droit de veto, 500 millions de coupes supplémentaires.

Sans pitié : 50 millions pris au programme Healthy Families qui donne une assurance-maladie aux enfants de familles à bas revenus, 50 millions aux services aux enfants handicapés, 16 millions à la lutte contre les violences domestiques, 52 millions à la prévention et au traitement du sida, 6,3 millions aux personnes âgées… L’ex-action hero est allé jusqu’à se comparer au «truand» (the ugly) du western de Sergio Leone, endossant la responsabilité de ces mesures tout en estimant ne pas avoir eu le choix, les élus lui ayant envoyé un budget au solde négatif. Or, «on doit avoir une réserve en cas de catastrophe comme les incendies et les tremblements de terre», a-t-il-dit.

Rêve. La partie «brute» (the bad), selon Schwarzenegger, ce sont les baisses de dépenses «sévères» décidées cet été, alors que la Californie, à cours de cash, délivre depuis le 2 juillet des reconnaissances de dette en papier pour payer ses factures. Une chef d’entreprise a d’ailleurs intenté, mercredi, un procès contre l’Etat, espérant initier une action collective. Quant au «bon» (the good) du feuilleton budgétaire, le gouverneur précise : «Nous n’avons pas augmenté les taxes […], nous avons étudié le fonctionnement du gouvernement pour le rendre plus efficace, en réformant certains programmes, et en supprimant des agences et des commissions qui n’étaient pas nécessaires et coûtaient de l’argent au contribuable.» Ce dernier point a manifestement échappé aux Californiens.

Car la popularité du gouverneur est en chute, avec seulement 28 % de satisfaits, selon un sondage du Public Policy Institute californien. Du jamais-vu depuis 2003 quand son prédécesseur enregistrait un score de 26 %, deux mois avant d’être démis de ses fonctions. C’est que la crise de l’immobilier envoie valser le rêve californien ; avec ses 11,6 % de chômeurs en juin, l’Etat abrite six des dix premières villes du palmarès américain des saisies de maisons. Les principales ressources - impôts sur le revenu, taxes à la consommation et impôts sur les bénéfices - fondent au soleil. Schwarzenegger se bat depuis des mois pour combler un déficit d’abord estimé à plus de 40 milliards de dollars. En février, 15 milliards de dépenses avaient été supprimées. Puis, avec l’aggravation de la crise, les dirigeants ont lutté contre un nouveau déficit de 26,3 milliards pour sceller le budget 2009-2010, et sont parvenus à une coupe supplémentaire de 16,1 milliards. Au total, 30 milliards de dollars de dépenses publiques partent en fumée. Les fonctionnaires, mis au chômage technique trois jours par mois, sont touchés.

«Sacrifices». Mais les premières victimes sont l’éducation et la santé. De quoi mettre hors de lui Ted Lempert, président de Children Now, une association nationale de défense des plus jeunes. «Plus d’un million d’enfants vont être sans couverture santé. Ces gens n’ont pas les moyens de se payer une assurance privée ! On va attendre qu’ils arrivent aux urgences ? Ça coûtera plus cher dans ce cas-là. Quant aux sacrifices dans les écoles publiques, tous en pâtiront», peste-t-il. S’il reconnaît la nécessité de réduire le train de vie de l’Etat, il estime que les enfants, «qui n’ont pas vraiment de voix en politique», assument une part «disproportionnée» de cet effort. Et envisage une action en justice si les élus ne changent rien au retour des vacances. Mais quelle que soit la fin, personne ne partira avec le magot tel Clint Eastwood
 

source :http://www.liberation.fr

 
 
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