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Les riches Californiens peuvent dormir tranquilles, ce sont
les plus modestes qui paieront la note salée de la fête des
subprimes. Car pour annuler le déficit de 60 milliards de
dollars (42 milliards d’euros) précipité par la récession,
les élus du Golden State ont décidé de priver les enfants,
les personnes âgées, les handicapés, etc., d’aides sociales
vitales.
Côté recettes, le texte signé mardi par le gouverneur Arnold
Schwarzenegger ne contient pas la moindre hausse d’impôts.
Au contraire, alors qu’une taxe à l’industrie pétrolière,
qui aurait rapporté un milliard, n’est pas passé au
Parlement, «Governator» a annoncé au dernier moment, usant
de son droit de veto, 500 millions de coupes
supplémentaires.
Sans pitié : 50 millions pris au programme Healthy Families
qui donne une assurance-maladie aux enfants de familles à
bas revenus, 50 millions aux services aux enfants
handicapés, 16 millions à la lutte contre les violences
domestiques, 52 millions à la prévention et au traitement du
sida, 6,3 millions aux personnes âgées… L’ex-action hero est
allé jusqu’à se comparer au «truand» (the ugly) du western
de Sergio Leone, endossant la responsabilité de ces mesures
tout en estimant ne pas avoir eu le choix, les élus lui
ayant envoyé un budget au solde négatif. Or, «on doit avoir
une réserve en cas de catastrophe comme les incendies et les
tremblements de terre», a-t-il-dit.
Rêve. La partie «brute» (the bad), selon Schwarzenegger, ce
sont les baisses de dépenses «sévères» décidées cet été,
alors que la Californie, à cours de cash, délivre depuis le
2 juillet des reconnaissances de dette en papier pour payer
ses factures. Une chef d’entreprise a d’ailleurs intenté,
mercredi, un procès contre l’Etat, espérant initier une
action collective. Quant au «bon» (the good) du feuilleton
budgétaire, le gouverneur précise : «Nous n’avons pas
augmenté les taxes […], nous avons étudié le fonctionnement
du gouvernement pour le rendre plus efficace, en réformant
certains programmes, et en supprimant des agences et des
commissions qui n’étaient pas nécessaires et coûtaient de
l’argent au contribuable.» Ce dernier point a manifestement
échappé aux Californiens.
Car la popularité du gouverneur est en chute, avec seulement
28 % de satisfaits, selon un sondage du Public Policy
Institute californien. Du jamais-vu depuis 2003 quand son
prédécesseur enregistrait un score de 26 %, deux mois avant
d’être démis de ses fonctions. C’est que la crise de
l’immobilier envoie valser le rêve californien ; avec ses
11,6 % de chômeurs en juin, l’Etat abrite six des dix
premières villes du palmarès américain des saisies de
maisons. Les principales ressources - impôts sur le revenu,
taxes à la consommation et impôts sur les bénéfices -
fondent au soleil. Schwarzenegger se bat depuis des mois
pour combler un déficit d’abord estimé à plus de 40
milliards de dollars. En février, 15 milliards de dépenses
avaient été supprimées. Puis, avec l’aggravation de la
crise, les dirigeants ont lutté contre un nouveau déficit de
26,3 milliards pour sceller le budget 2009-2010, et sont
parvenus à une coupe supplémentaire de 16,1 milliards. Au
total, 30 milliards de dollars de dépenses publiques partent
en fumée. Les fonctionnaires, mis au chômage technique trois
jours par mois, sont touchés.
«Sacrifices». Mais les premières victimes sont l’éducation
et la santé. De quoi mettre hors de lui Ted Lempert,
président de Children Now, une association nationale de
défense des plus jeunes. «Plus d’un million d’enfants vont
être sans couverture santé. Ces gens n’ont pas les moyens de
se payer une assurance privée ! On va attendre qu’ils
arrivent aux urgences ? Ça coûtera plus cher dans ce cas-là.
Quant aux sacrifices dans les écoles publiques, tous en
pâtiront», peste-t-il. S’il reconnaît la nécessité de
réduire le train de vie de l’Etat, il estime que les
enfants, «qui n’ont pas vraiment de voix en politique»,
assument une part «disproportionnée» de cet effort. Et
envisage une action en justice si les élus ne changent rien
au retour des vacances. Mais quelle que soit la fin,
personne ne partira avec le magot tel Clint Eastwood
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