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Depuis le 5 février, date de son
lancement officiel, le nombre d'appel ne cesse d'augmenter,
témoignant ainsi de la triste utilité de ce numéro à 4 chiffres
et de sa capacité à lever le tabou de la maltraitance des
personnes âgées et des personnes handicapées en France.
En trois mois, le 3977 a reçu 12 309 appels, soit autant
d'appels qu'en 2006. Les appels proviennent pour 72% d'entre eux
de femmes et concernent la maltraitance à domicile. Les victimes
sont des femmes pour 71% d'entre elles. 48,5% ont un âge compris
entre 76 et 90 ans (pic entre 81 et 86 ans). Par ailleurs, dans
54% des cas les auteurs sont des hommes âgés de 41 à 61 ans qui
dans 47% cas cohabitent avec les victimes.
S'agissant de la nature de l'appel, les écoutants soulignent que
75% des appels ont un rapport avec la maltraitance, dont 20%
concerne la maltraitance des personnes handicapées. 25%
correspondent à des demandes d'informations, à des situations
d'isolement et de désarroi.
La majeure partie des personnes handicapées appelle depuis leur
lieu de travail et se plaignent de brimades, injures, non
reconnaissance de leur handicap (cf mesures de la conférence
nationale du handicap sur l'insertion des ph dans les
entreprises)
Les professionnels de terrain se servent aussi du 3977 :, ils se
trouvent souvent démunis devant des situations de maltraitances
qu'ils ne savent pas comment traiter voire même, parfois,
identifier. Ils s'adressent alors au 3977 pour obtenir des
conseils sur la conduite à tenir et les démarches à
entreprendre.
Cette levée de tabou, le gouvernement l'a voulu, l'a anticipé.
Le 3977, c'est 1, 360M d'euros au service de la lutte contre la
maltraitance dont 600 000 euros de mesures nouvelles.
La plate forme d'écoute nationale, gérée par l'association pour
la bientraitance des ainés et des handicapés (AFBAH) s'est
étoffée : elle compte désormais 9 personnes qui se succèdent et
qui font en sorte que l'écoute soit assurée par 3 personnes à
minima de 9h à 19h. On compte désormais plus de 100 appels par
jour pendant les horaires d'ouverture contre 20 appels par jour
en 2007. Pour permettre à AFBAH de faire face à cette activité,
le ministère a accru sensiblement sa participation financière :
360 000 € en 2008 contre 70 000 en 2007.
Au niveau départemental, le traitement des situations et
l'organisation gérée par le réseau Alma s'étoffe également : La
direction d'Alma France se renforce : aux 2 postes existants, on
a désormais ajouté 2 nouveaux postes dédiés à la formation, à
l'évaluation du réseau.
Sur les 5 coordinateurs régionaux prévus, 2 sont déjà mis en
place (région Grand Ouest et région Nord) tandis que celui de la
région Grand Est le sera dès septembre prochain. Par ailleurs,
les antennes départementales se développent : sur les 58
antennes en marche, 23 ont déjà élargies leur activité à
l'écoute des personnes handicapées. Toute antenne créée par
l'association ALMA (allo-maltraitance) est désormais "doublée"
d'une activité dédiée aux personnes handicapées. Dans les 6
prochains mois, Alma va créer 23 nouvelles antennes, l'objectif
étant de couvrir les ¾ du territoire pour la fin 2008.
Le 3977 s'insère dans un dispositif général en faveur de la
bientraitance des personnes âgées et des personnes handicapées
mis en place depuis mars 2007. Cette culture passe par un projet
de vie, un projet de soins adaptés à l'état de santé de la
personne, à ses choix de vie jusqu'en fin de vie, la mise en
place de protocoles de prise en charge, le respect des gestes
simples : veiller au respect des choix de la personne concernée,
heure à laquelle elle souhaite se lever, petit-déjeuner,
toilette, vêtements qu'elle souhaite porter, voisins de table,
appeler quelqu'un par son nom, le vouvoyer, donner une place aux
familles si elles le souhaitent.
Enfin, pour que la bientraitance s'impose, Valérie Létard
souhaite que l'on s'ouvre aux méthodes qui font leur preuve à
l'étranger et qui s'implantent progressivement en France. La
méthode canadienne Gineste-Marescotti® dite méthode « humanitude
» est très largement répandue et figure au premier rang des
méthodes non médicamenteuses dont le plan Alzheimer promeut le
développement. Elle est unanimement saluée par les spécialistes
qui interviennent auprès des personnes âgées. Elle repose sur
une manière précise de regarder, de parler, de toucher, de sorte
que la personne âgée accepte plus facilement les gestes de
soins, se sent mieux, souffre moins.
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