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Conférence Nationale du Handicap :  aucune avancée !

dimanche 22 juin 2008

Malgré une manifestation de 35 000 personnes, la première Conférence nationale du handicap, qui s’est tenue le 10 juin, n’a pas déçu ceux qui n’en attendaient rien…

Cette conférence devait faire le point sur les avancées de la loi de février 2005 sur « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Nicolas Sarkozy l’a ouverte par un discours devant 500 personnes, presque toutes membres d’associations gestionnaires du handicap, et pas moins de sept représentants du gouvernement. Il a annoncé la création de 50 000 places en établissements spécialisés, qui prendront en charge ceux qui sont le plus lourdement handicapés. Mais on peut se demander comment et dans quelles conditions ces places seront créées.

Le Pacte national pour l’emploi des personnes handicapées considère tous les handicapés comme des travailleurs potentiels et le ton de la déclaration de Sarkozy fait craindre que la chasse aux « resquilleurs » à l’allocation des adultes handicapés (AAH) soit ouverte. L’objectif est de soustraire de son champ d’attribution nombre des 810 000 personnes aujourd’hui bénéficiaires, en leur demandant d’apporter la preuve de leur incapacité à travailler. On peut craindre que des personnes, considérées aujourd’hui comme ayant cette incapacité, se retrouvent dans des entreprises adaptées (EA) ou des établissements spécialisés d’aide par le travail (Esat), ou qu’elles soient obligées d’accepter les boulots les plus précaires.

Sarkozy a confirmé la revalorisation de l’AAH (actuellement à 628,10 euros) de 25 % sur cinq ans. Cela ne fait pas le compte, quand on sait qu’un handicapé sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté. De toute façon, les 31 euros d’augmentation de cette année sont en bonne partie amputés par la hausse du coût de la vie.

Sarkozy est resté très évasif, disant qu’il comprenait la colère des personnes handicapées, qu’il était heureux que cela ne lui soit pas arrivé ni à l’un de ses enfants, que ses prédécesseurs n’avaient rien fait pour les personnes handicapées, mais aucune réelle avancée n’a été évoquée.

Quatre tables rondes étaient organisées : sur l’accessibilité, l’emploi (le taux de chômage est deux fois et demi supérieur à celui des personnes valides), l’intégration scolaire (sans dire avec quels moyens) et le fonctionnement des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles subissent des disparités entre les régions.

Encore un rendez-vous manqué. Les associations gestionnaires gèrent et ne veulent pas perdre leurs prérogatives qui vont s’accroître. Le gouvernement gouverne et entraîne le handicap sur une pente descendante en ce qui concerne la compensation. Les personnes handicapées attendent toujours qu’on veuille bien prendre en compte leurs revendications de non-discrimination et de droit au travail avec un salaire décent.
 

Source : http://www.lcr94.org

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 Aides techniques au handicap : la France plutôt sous-équipée

Le rapport, commandé en octobre à la députée UMP des Ardennes, Bérangère Poletti, a été adopté mardi par les députés et sénateurs de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

La première partie du rapport développe les espoirs suscités par les nouvelles technologies souvent venues de l'étranger, comme notamment le contrôle direct d'une machine par le cerveau.
"L'amélioration de l'interface entre l'homme et la machine constitue une vraie révolution pour les handicapés les plus lourds", souligne le rapport. Il donne notamment des exemples de fauteuils roulants équipés de bras robotisés bientôt mis au point ou d'"exosquelettes" qui peuvent se fixer sur les membres et les faire bouger.
Mais la seconde partie du rapport dresse un bilan négatif de la diffusion de ces progrès techniques et de la recherche en France.
Ainsi, le marché français des aides techniques au handicap fonctionne mal, avec "très peu de constructeurs" et une "étroitesse du marché" qui "interdit la mise en œuvre d'une réelle concurrence" qui agirait sur les prix. Et "beaucoup de produits récents ne sont pas intégrés dans la politique de remboursement", regrette le rapport.
Il note aussi des "faiblesses structurelles" dans la recherche française dédiée au handicap. "Il est nécessaire de faire émerger en France un champ de recherche dédiée au problème du handicap comme cela a été fait dans les pays scandinaves, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis", propose Mme Poletti.
Enfin, selon le rapport, "il ne faut pas sous-estimer les données culturelles". Par exemple, une image négative est associée en France au fauteuil roulant, alors que les politiques globales menées notamment dans les pays scandinaves permettent de mieux faire évoluer les mentalités.

 

Source : http://www.handicap.fr


 
 
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