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Depuis décembre 2008, Laurence Turbé
ne cesse de demander à la municipalité de délimiter une deuxième
place de stationnement réservée aux handicapés dans sa rue. Pour
l'instant, c'est un refus.Laurence Turbé,
résidant dans la rue de la Pomme Rouge, ne comprend pas
l'entêtement de la mairie. Depuis un an, et malgré les nombreux
courriels et lettres envoyés, c'est toujours un refus
catégorique.
En février 2008, Laurence Turbé est opérée pour une lésion
cérébrale. Elle ressortira de l'hôpital avec une paralysie
partielle du côté gauche. Alors depuis, l'ancienne valide
comprend désormais le parcours du combattant des handicapés. «
Après être sortie du centre hospitalier, j'ai été suivie
plusieurs mois pour de la rééducation », explique-t-elle. Car
rester autonome est pour cette femme une priorité.
Une souffrance lorsqu'elle marche
C'est pour cette raison qu'elle a décidé, dès septembre 2008, de
passer une régulation de permis. « C'est obligatoire pour les
personnes handicapées. J'ai dû également changer de véhicule,
doté désormais d'une boîte de vitesse automatique », poursuit
Laurence Turbé. Mais voilà, si conduire ne lui pose pas de
problème, se déplacer à pied est en revanche une souffrance.
Dans la rue où elle habite, celle de la Pomme Rouge, il y a bien
déjà un stationnement réservé, mais un voisin, lui aussi à
mobilité réduite, se gare habituellement sur celle-ci. « C'est
déjà difficile à vivre. Du coup on ne va pas se battre entre
nous pour une place de parking, fait remarquer Laurence Turbé,
qui justifie ainsi sa démarche pour une deuxième place réservée
auprès de la municipalité (voir encadré). Alors pour l'instant,
je stationne dans une rue éloignée de mon domicile. »
Si la police municipale a
rapidement répondu à sa première demande, en effectuant une
visite chez elle, en novembre dernier, la réponse, négative, fut
tout aussi rapide. La raison ? « Une place réservée n'est pas
nominative », indique un courrier officiel. Elle peut donc
chiper la place de son voisin.
Mais c'est mal connaître la détermination de cette femme qui a
donc réitéré sa demande. Malgré la prise en charge du dossier
par une conseillère municipale, en charge des handicapés, rien
n'y a fait. Son propriétaire, qui dispose d'un parking pour sa
société, établie dans la résidence où Laurence Turbé habite,
aurait pu régler le problème. Mais pour des raisons de sécurité,
seuls les véhicules de l'entreprise et du personnel sont
autorisés. « Ce que je comprends », tient-elle d'ailleurs à
faire savoir. Son dernier espoir est donc que la mairie finisse
par délimiter un deuxième emplacement réservé rue de la Pomme
Rouge. Elle est sûre qu'elle y parviendra.
QUE PREVOIT LA LOI ?
Concernant les aménagements pour une meilleure accessibilité des
handicapés tout ne dépend pas de la loi. Qui décide ? Le maire
doit, par un arrêté motivé, définir quels sont les emplacements
réservés. Seul cet arrêté rend l'interdiction de stationnement
opposable aux particuliers et permet de sanctionner les
véhicules stationnés sur ces emplacements sans carte de
stationnement. Combien d'emplacements ? Au moins 2 % de
l'ensemble des emplacements de chaque zone de stationnement,
arrondis à l'unité supérieure, sont accessibles et adaptés aux
personnes circulant en fauteuil roulant.
Auteur : Damien
LE-THANH. |