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HALDE contre CAC 40...

C'est avec beaucoup de surprise que j'ai appris le dépôt d'une proposition de loi « visant à supprimer la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité »  (afficher ici)

 Il est affligeant de lire, dans l'exposé des motifs :

" Instituée par la loi n° 2004-1486 du 30 décembre 2004, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité des chances (HALDE) a fini par prouver qu'elle estillégitime et inutile (...)". Faut-il préciser que la HALDE a traité 10 734 dossiers en 2009(7 228 en 2008)....Quelle autre autorité pourrait « absorber » ce surcroît d'activité ? A moins que soient vues à la baisse les conditions de recours et de constitution d'un dossier, ou que ces recours soient tout simplement supprimés...

 Plus loin, on lit encore : " La HALDE s'ajoute en effet à la pléthore d'autorités indépendantes qui s'arrogent des compétences régaliennes de l'État sans pour autant avoir de légitimité démocratique. Cette autorité, si « haute » soit-elle, n'a pas à se substituer aux instances judiciaires. Or, la HALDE agit au mépris des principes fondamentaux de la République, notamment l'unité et l'indivisibilité de celle-ci. D'autant que ses avis sont souvent infondés en droit et invérifiables en fait" (....) »

Cela a l'avantage d'être clair : pour les auteurs, la HALDE menace l'intégrité nationale en dénonçant les discriminations de tous ordres qui ont lieu pour la scolarisation, ou dans le cadre de l'emploi, par exemple. Qu'un enfant soit interdit d'école, ou qu'un adulte soit refusé lors d'un recrutement sous prétexte qu'il est est handicapé, ou de couleur, ou homosexuel ou trop âgé, n'est-il pas contraire à l'Egalité républicaine ?

Les auteurs précisent encore : " On pourrait d'ailleurs multiplier les exemples de dépenses inutiles. La HALDE a également orchestré un « testing » visant à piéger des entreprises du CAC 40 par l'envoi de faux CV, afin de pouvoir dresser des procès verbaux dans le cas de discriminations avérées."Peut-être eût-il fallu contrôler sévèrement les PME ou TPE de moins de 20 salariés, qui ne sont donc pas soumises à l'obligation d'emploi, et qui font un effort énorme concernant l'emploi de personnes handicapées ou de seniors ? J'oubliais : le CAC 40, ... pas touche !

Il faut remarquer que ces députés dénoncent surtout le « coût » de la HALDE. On peut lire dans le dernier rapport sur les autorités administratives indépendantes (AAI) (afficher ici) que le président de "l'autorité des marchés financiers", autorité qui régule et veille au bon fonctionnement des marchés financiers français, touche 25 248 euros brut par mois. La présidente de la HALDE, quant à elle, touche 81 096 eurosbruts ....annuels. Donc, « deux poids, deux mesures » : défendre les marchés financiers, bien que coûtant plus cher, est plus utile que la défense et la protection des personnes défavorisées aux yeux de certains. C'est un choix : mais il faudrait le dire clairement, et l'assumer....

 En conclusion, la proposition de loi tient en un article unique : « La loi n° 2004-1486 du 30 décembre 2004 est abrogée ».

 Supprimer cette instance, sans préciser en même temps ce qu'il adviendra de ses prérogatives, revient à faire passer à la trappe le combat contre les discriminations

Source : http://www.solidarité.com

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UNE REGRESSION SOCIALE DE PLUS

Les députés viennent d'adopter le projet de loi finances 2011. Ce faisant, ils ont aussi adopté l'article 90 mettant fin au dispositif "Borloo" d'exonérations de cotisations sociales patronales créé en 2005 afin de développer les services à la personne


 Alors que les sénateurs s'apprêtent à leur tour à voter le texte, l'UNCCAS, représentant les services publics d'aide à la personne*, alerte sur l'impact de cette suppression dans un secteur déjà en proie à d'importantes difficultés.

Contrairement à ce qu'affiche le gouvernement dans son exposé des motifs, cette suppression affectera également, à terme, les services d'aide à domicile en direction des publics fragiles (personnes âgées, personnes handicapées, enfants de moins de trois ans).

En effet, le dispositif dit "Borloo" créé en 2005 est venu s'ajouter aux exonérations spécifiques dont bénéficiaient jusque-là exclusivement les services d'aide à domicile auprès des personnes fragiles.

Applicable aux entreprises et associations de services à la personne afin de favoriser la création d'emplois, ce nouveau dispositif d'exonérations de charges patronales s'appliqua également aux services d'aide à domicile aux familles en difficulté (auxiliaires de vie sociale, aides à domicile) mais aussi aux services d'aide aux personnes dites fragiles pour leurs personnels administratifs et d'encadrement.

Ces deux types de services à domicile sont donc bien impactés aujourd'hui par le projet de suppression des exonérations de charges sociales patronales dans le secteur des services à la personne.

Cette mesure tombe au plus mal dans un secteur déjà en crise. Les gestionnaires publics de services à la personne doivent en effet faire face à la progression de la demande de services de proximité, aux difficultés économiques de leurs usagers mais aussi à un système de tarification de l'aide à domicile à bout de souffle et aux répercussions des difficultés de leurs partenaires associatifs. Dans ce contexte, l'UNCCAS compte bien prendre une part active à la consultation qui sera lancée dans le cadre du prochain projet de loi relatif à la prise en charge de la dépendance.

Pour toutes ces raisons, l'UNCCAS demande la suppression de l'article 90 du PLF 2011 dont l'examen a débuté au Sénat jeudi dernier.


Patrick Kanner,
président de l'UNCCAS

 
 


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