|
LEn 20 ans, le nombre annuel d’embauches de personnes
handicapées a été multiplié par 16. Alors qu’en 1987, 7
000 personnes handicapées trouvaient un emploi dans
l’année, elles étaient 111 000 en 2006. Un résultat
encourageant,
mais encore loin d’être satisfaisant, a rappelé Tanguy
du Chéné, président de l’Agefiph, lors de la cérémonie
d’anniversaire organisée pour les 20 ans de cette
association. Créée en 1987, l’Agefiph a été à l’origine
de la loi du 10 juillet 1987,
qui fixe notamment l’obligation pour les entreprises
d’embaucher 6 % de
travailleurs handicapés parmi son personnel.
5 millions d’handicapés en France
Pour ses vingt ans, l’Agefiph n’entend donc pas
s’arrêter là. Car le défi à relever
reste grand : en 2006, la France comptait 5 millions de
personnes handicapées,
dont 20 % était sans emploi, soit un taux deux fois
supérieur à celui des
personnes valides. A cela s’ajoute un chômage de longue
durée persistant : les personnes handicapées restent 18
mois au chômage contre 12 mois pour l’ensemble des
demandeurs d’emploi. Chaque année, ce sont 468 000
personnes en âge de travailler qui connaissent une
situation de handicap, due à un accident du travail, une
maladie invalidante, un handicap auditif, visuel ou
psychique. Ce
chiffre pourrait encore s’alourdir puisqu’une étude a
révélé qu’avec une population active vieillissante, une
personne sur deux sera confrontée au handicap.
D’où la nécessité pour l’Agefiph de ne pas relâcher la
pression auprès des entreprises. L’association a donc
dévoilé un nouveau plan d’action sur trois ans
et va proposer pour cela des rendez-vous aux 23 000
entreprises qui ne comptent aucun travailleur handicapé.
Recrutement direct, contrat d’intérim ou recours à la
sous-traitance auprès d’établissements du secteur
protégé, tels que les centres d’aide au travail, sont
autant de moyens de favoriser l’emploi.
Améliorer la formation professionnelle
L’Agefiph veut aussi poursuivre son action auprès des
travailleurs handicapés en améliorant leur formation
professionnelle. Ceux-ci sont en général peu qualifiés :
48 % des demandeurs d’emploi handicapés ont un niveau
BEP ou CAP. Seuls
19% d’entre eux ont un diplôme égal ou supérieur au
baccalauréat. De fait, la
moitié des emplois occupés par les personnes handicapées
se concentre sur les métiers d’agents d’entretien et
d’agents administratifs. L’Agefiph va donc
développer un nouveau service pour aider ces personnes à
mieux définir leur
projet professionnel, accroître leur accessibilité dans
les centres de formation et développer les réseaux de
clubs d’entreprise et de parrainage.
Enfin, l’Agefiph veut faire changer le regard que nous
portons sur le handicap. Se basant sur le fait que 93 %
des employeurs de travailleurs handicapés sont
satisfaits de leur travail, et que 87 % des salariés
jugent enrichissante leur
présence dans l’entreprise, l’association va lancer une
véritable campagne de communication sur le handicap à
l’automne. Vingt mini-portraits de personnes handicapées
bien insérées dans le monde du travail seront diffusés
sur France 2, dans une série intitulée « On peut tous
réussir ». Une façon de « déplacer
le regard et faire reconnaître le handicapé comme une
vraie valeur ajoutée »,
estime Tanguy du Chéné.
|