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Sexo : La prothèse pénienne, ultime recours ?

Professeur Frédéric Staerman

Les troubles – ou absences – d’érection peuvent êtres traumatisants dans ses relations intimes et sa façon de vivre une sexualité épanouie. Pour mémoire, et dans le cas d’une blessure médullaire, les traitements peuvent être mécaniques (pompe à vide), médicamenteux (type Viagra®, Cialis®) ; les injections dans le corps caverneux du pénis (type Edex®) sont aussi répandues.
Cependant, tous ces traitements ont leurs inconvénients ; les médicaments provoquant l’érection – quand ils fonctionnent – sont parfois difficiles à supporter et ne sont pas remboursés ; l’injection elle, n’est pas vraiment pratique et souvent vécue comme un traumatisme supplémentaire. Pour le Professeur Frédéric Staerman, (département d’Urologie Andrologie
 au CHU – Reims), la pose d’une prothèse pénienne est le traitement idéal : « Beaucoup de patients se tournent vers la prothèse pénienne quand il y a un refus de l’injection intra-caverneuse, même si elle marche assez bien. Le patient type a aux alentours de la cinquantaine, mais il nous arrive régulièrement d’avoir des patients SEP*, plutôt jeune, qui optent pour ce type de traitement. Les blessés médullaires peuvent aussi bénéficier de cet appareillage, certains le demandent pour la pose d’étui pénien. »).
 

Et puis, il y a ceux chez qui les traitements ne fonctionnent plus, chez qui la prothèse pénienne donne très majoritairement satisfaction. « Pour conserver une sexualité quand tout le reste ne fonctionne pas ou plus, la prothèse reste l’ultime solution. Cependant, il convient de confier cette opération à un chirurgien qui en a l’expérience, même si elle est relativement simple ; l’intervention dure une trentaine de minutes et l’hospitalisation 2 ou 3 jours ; la cicatrisation, elle, dure un mois. Dans la plupart des cas, elle est remboursée à 100%, puisque les patients qui en bénéficient sont en ALD (souvent des patients après ablation de la prostate, des patients SEP (Sclérose en plaques), ou des blessés médullaires). Ce remboursement est un des facteurs déclencheurs chez certains, car les traitements type Viagra® ou Cialis® ne le sont pas »

Pour beaucoup, penser à se faire implanter une prothèse pénienne est vécu avec beaucoup de morbidité. Pourtant cette solution est la seule qui est durable et fiable. Il existe 3 sortes de prothèses :
- La malléable : La verge est rigidifiée par du silicone implanté dans le corps caverneux. Le principal défaut de cette chirurgie est qu’elle est visible en permanence et pas vraiment discrète. Cette technique est de moins en moins utilisée.
- La prothèse 2 pièces : 2 cylindres sont implantés dans les corps caverneux et sont reliés à une pompe, qui fait aussi office de réservoir, placée dans le scrotum. En agissant sur la pompe, l’utilisateur gonfle de liquide les cylindres placés dans les corps caverneux provoquant ainsi l’érection.
- La prothèse 3 pièces : même principe que pour la 2 pièces sauf pour l’implantation du réservoir, placé dans l’abdomen.

L’implant pénien gonflable est un système qui permet le contrôle de l’érection du pénis. L’implant est constitué de deux cylindres, d’une pompe et d’un réservoir. Au lieu d’être gonflé par l’afflux de sang dans les corps caverneux, le pénis sera en érection grâce au passage du liquide du réservoir vers les 2 cylindres. Ce passage s’effectue par l’activation manuelle de la pompe située dans le scrotum. L’érection est maintenue aussi longtemps qu’on le souhaite. Voir la vidéo

C’est l’implant 3 pièces qui a les faveurs des spécialistes pour son confort d’utilisation et la sûreté du procédé. Il est à noter pour les blessés médullaires en fauteuil roulant, qu’il n’y a aucun risque pour que la prothèse se gonfle parce qu’on est assis. Aucune contre-indication n’est à noter non plus lorsqu’on pratique l’auto-sondage et si l’éjaculation est possible avant la pose, celle-ci est conservée une fois la prothèse en place. Dans le cas contraire, l’implant pénien ne change rien non plus.

Bien qu’encore peu répandue en France pour les blessés médullaires, la pose d’un implant pénien est à envisager dans certains cas. Même s’il n’existe pas encore de pôle spécialisé sur notre territoire, certains établissements – comme le CHU de Reims ou l’Hôpital Henry Gabriel à Lyon - en ont fait une spécialité. Près de 500 personnes en France font chaque année le choix de l’implant pénien, avec un taux de satisfaction de près de 95%.

Pierre Bardina
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Ce qu’il faut retenir :
Indication Principale : Dysfonctionnement érectile en échec des traitements pharmacologiques
Implantation de la prothèse par un chirurgien expérimenté (au moins 20 opérations par an)
Pas de contre-indication pour le sondage intermittent
L’implant pénien peut faciliter grandement la pose d’un étui pénien

Source : http:www.andy.fr

 
 
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